Témoignage de Chrystelle
Devant vous, je vais me découvrir et vous exprimer les raisons de ma démarche baptismale.
Ce n’est pas un exercice qui, pour moi, va de soi car je vous partage mon intime.
Il ne s’agit pas ici d’un coup de tête, bien au contraire. Ce baptême est la concrétisation d’une longue réflexion qui a mûri le long d’un parcours de quelque 40 ans. Cela ne me rajeunit guère !
Oui, ce fut un parcours qui sans doute résonnera pour beaucoup car finalement je ne suis pas bien différente d’un bien grand nombre.
« Même en riant, le cœur est triste et la joie finit par le chagrin » ( Proverbes, chapitre 14, verset 13)
Cela commence ainsi.
J’ai suivi l’Ecole Biblique de Quimper jusqu’au pré catéchumène. J’ai eu l’occasion de faire un choix et de concrétiser ce choix par le baptême. Ce qui était une évidence pour moi s’est trouvée alors confrontée à multiples embûches qui avec le recul avaient été générées par moi même. Oui, à cette époque, j’ai douté.
Trop de questions, et finalement, je n’avais pas, à ce moment, les bonnes réponses.
Ainsi va la vie et nos vies peuvent être trépidantes.
La carrière, l’assurance d’un revenu, le travail, le matériel sont autant de critères que nos sociétés nous imposent.Aussi, toute notre attention et notre énergie se focalisent de sorte à satisfaire ces obligations.
Pourtant, vous vous rendez compte que cela ne vous apporte qu’un soubresaut de satisfaction éphémère ; cela n’est jamais suffisant car des injonctions vous impose vos joies qui finalement ne sont pas les vôtres.
Première question : Qu’est ce qui me met en joie ?
Je connus l’injustice du travail et je me suis engagée à la combattre pendant plus de 15 ans. Ce fut une source de satisfaction effectivement : je me battais pour ce qui m’était juste car nombre d’entre nous se permettent de dévaloriser l’autre à leur seul profit tout en détruisant leur semblable.
« La justice des gens intègres leur trace un droit chemin, et le méchant succombe à sa propre méchanceté. La justice des honnêtes gens les rendra libres, les fourbes restent prisonniers de leur convoitise. » (Proverbes, chapitre 11, versets 5 à 6)
Force est de constater que parfois ce combat est vain car la justice des hommes est relative.
Pourtant, le fait d’agir est source de joie.
Puis, je fus mère, ce qui me procura une autre joie.
Puis d’autres épreuves plus intimes se sont présentées par la suite qui auraient pu m’orienter vers la haine ou la vengeance. Mais ce n’était pas le bon chemin.
Surgit alors la :
Deuxième question : Comment pardonner aux méchants ?
Romains, chapitre 12, verset 19 : « Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. »
La colère m’a habité pendant un bon moment. Colère sourde, encore une fois avec trop de questions, mais cette fois, un début de réponse. Non, ce n’est pas moi qui me vengerais. Au fond de moi, je pensais non pas à la vengeance et à la destruction mais bien au pardon.
Alors vint la :
Troisième question : Mais comment pardonner ?
Je fus dans ce questionnement qui me fit sombrer un temps dans la dépression, quand le hasard survint dans ma vie. Peut-on cependant parler de hasard ?
Je connus une succession de rencontres qui dura près de 8 ans. 8 ans, chiffre symbolique au demeurant. Je ne suis pas au fait de la numérologie mais en me renseignant, ce chiffre est associé au baptême, à la résurrection. C’est étrange, je suis ici devant vous à cette date.
Oui, ce long parcours, je le confirme, je le vis comme un renouveau.
8 ans.
Certains me firent redécouvrir le sens de l’humain et du cœur.
D’autres m’ouvrirent à ce qui me pousse à agir en lien avec ce à quoi je crois.
Là est la dernière question : à quoi est ce que je crois ??
De belles personnes me firent connaître le parcours Alpha.
Instinctivement ( ou par quelconque autre inspiration ? ), j’ai repris la bible de ma mère, j’ai retrouvé des marque pages que j’avais déposé de ça , de là, au gré des lectures passées. Hé oui, je l’avais lue il y a très longtemps… Et je la relisais. Et je réfléchissais autour de ce pardon que je savais devoir accordé.
Je tombais surtout, complètement par hasard ( mais était ce vraiment un hasard? ) sur l’Ecclésiaste, chapitre 3 :
Il y a un temps pour tout et chaque chose sous le ciel a son heure :
Temps de naître et temps de mourir,
Temps de tuer, temps de guérir,
Temps de planter, temps de détruire,
Temps de bâtir, temps d’arracher,
Temps de gémir, temps de danser,
Temps de pleurer et temps de rire.
Temps d’assembler les blocs, temps de les disperser,
Temps d’aimer les baisers et temps de les maudire,
Temps de poursuivre un rêve ou de se d’interdire,
Temps d’aimer un objet, temps de le repousser.
Temps où l’on coud, où l’on déchire,
Temps où l’on garde, où l’on se tait,
Temps où l’on hait, où l’on soupire,
Temps de la guerre et temps de paix
L’ecclésiaste est bien plus riche que ces quelques versets, mais cela signifiait déjà énormément pour moi.
Etait-il temps ?
Puis, ce fut ce fameux jour, sur un trajet entre Bruz et Dinard, en échangeant avec le Père Mathieu : j’identifiai un vide en moi.
Une frustration sans doute, une ombre sûrement.
J’ai agi durant 40 ans en suivant une voix que j’ai invisibilisée. Jamais je ne l’avais reconnue.
Mais pourtant, tous mes actes, mes engagements suivaient l’exemple de ce que j’avais pourtant appris lors de mes années d’Ecole Biblique. Oui, j’avais sans aucun doute perçu la volonté d’écoute, de justice, de pardon, et surtout d’action, venant d’une seule personne : Jésus Christ.
Il était grand temps de déclarer ce à quoi je crois et ce qui me fait agir.
Conclusion
« Comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole : « Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout. Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité. Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent. Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole. Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre. Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu. Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés. Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent. Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité. Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. » (Luc, chapitre 8, verset 4 à 15)
Je me compare volontiers à une de ces graines : elle fut semée, elle a lentement poussé dans une terre ignorante et, au bout de 40 ans, elle aurait germé.
Aujourd’hui est finalement le printemps pour moi en plein hiver. Oui le soleil est rentré dans mon cœur. Définitivement.
En décembre 2025, sur la route vers le Finistère, le soleil était là effectivement. Je regardais le ciel bleu, je voyais les arbres allant au gré du vent, et je me sentais si bien. J’avais l’impression d’être avec mon monde et mes proches. Je sentais la boucle se boucler. Comment l’exprimer autrement ?
Le lendemain j’étais au culte de Noël, une première depuis plus de 20 ans.
Je vais reprendre un passage d’une prédication de la Pasteure Claire OBERKAMPF qui m’a interpellé.
« La foi est un fait mystérieux qui se joue dans la rencontre entre l’attente de Dieu et la quête de l’humain.»
« Celui qui vient à moi, je ne le chasserai jamais », dit-il, sans doute une des plus belles phrases de l’Évangile. Jésus reçoit toute personne qui s’approche de lui comme un don de Dieu-lui-même. Nous pouvons dès lors nous considérer les uns les autres comme des dons de Dieu. »
Voilà ce que je ressens en ce jour où je me dévoile à vous et à celui qui nous guide, Jésus.
Ce fut une longue aventure qui ne se clôt pas pour autant, mais qui va me permettre de renouveler mon engagement, sans vanité aucune mais avec cette joie qui cette fois, n’est dictée par aucune injonction.
Merci à Christelle pour ce témoignage.