Textes Bibliques
Première épître de Pierre, chapitre 3, versets 15 à 18
Évangile de Jean, chapitre 14, versets 15 à 21
Je ne sais pas vous, mais, en regardant notre monde, il me vient souvent cette pensée :
« Comment moi, qui suis baptisé au nom du Christ, comment puis-je accepter sans rien faire toutes les images de misère que nous observons chaque jour ?…
Je veux continuer à croire que Dieu est bon, que tout ce qui vient de lui est beau et qu’il faut rendre grâce pour cela.
Ma responsabilité m’oblige à montrer toutes ces merveilles à ceux qui ne voient que les ténèbres.
Mais que fais-je, moi le nanti, pour ceux qui naissent ou deviennent prisonniers, coupables, affamés, meurtris, anéantis ?…
Comment puis-je leur transmettre ce don gratuit par la Parole et par le témoignage, alors qu’à la place de l’amour ils voient la haine, à la place de la paix ils souffrent de la guerre, à la place de la dignité, ils rencontrent l’humiliation ?… »
Voilà, en quelques mots jetés sur le papier, les pensées qui me viennent si souvent à l’esprit quand défilent sous mes yeux, quand proviennent à mes oreilles les cris de ce monde où nous vivons…
Monde où, comme le disait Martin Luther King, nous devons apprendre à vivre comme des frères au risque d’y mourir comme des imbéciles.
Cette pensée, je suis bien certain que beaucoup d’entre vous la partage, de la FPMA et de l’EPU de Rennes.
Pensée, presque un cri, qui éveille chez tant de chrétiens de multiples confessions et origines, un profond écho.
Une pensée, comme un cri, si forte qu’elle exige plus qu’une réponse humaine.
Il réclame la réponse d’un AUTRE,
Une réponse venue d’AILLEURS…
Et pourquoi cette réponse ne viendrait-elle pas des deux passages bibliques que nous avons lus ?
D’autant que l’analogie de situation est frappante :
Pierre écrit à des chrétiens traumatisés par les défis et par les attaques de leurs concitoyens.
Quant à Jésus, il parle à ses disciples déstabilisés par son départ imminent et qui se demandent ce qu’ils vont devenir sans lui.
Or, aux uns comme aux autres, la même parole est adressée.
“Ne soyez pas troublés”, écrit l’apôtre, tandis que le Christ dit “Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Je m’en vais, certes, mais je ne vous laisse pas orphelins”. Non seulement je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur,… l’Esprit de vérité”, mais même je viendrai à vous” et il ajoute : “vous vivrez, (parce que) je vis”.
Certes il ne semble pas que cela réponde directement à notre pensée envahissante…
C’est vrai – nous est-il dit – vous êtes bouleversés, mais il n’y a aucune raison de vous laisser envahir et emporter par le trouble. Vous n’êtes et ne serez jamais abandonnés.
Dans l’instabilité du monde et au milieu des aléas de la vie il existe un centre autour duquel tout peut s’ordonner, et ce centre, c’est Jésus le Vivant qui vit pour que vous viviez aussi.
Voilà la réalité que le Christ a en vue lorsqu’à deux reprises, il évoque ce lien d’amour qui l’unit à ses disciples et qui se traduit par leur adhésion à ses commandements.
Et Pierre résume la même réalité dans cette belle formule “Sanctifiez dans vos cœurs le Christ, le Seigneur”, ce qui veut dire pour ne pas vous laissez aspirer par le tourbillon du trouble, donnez, au plus intime de votre personne, une place unique, la place d’honneur à Jésus.
Mais j’entends bien votre question : ce conseil ne nous entraîne-t-il pas loin du témoignage et de l’engagement auxquels nos pensées nous portent ?
Ce serait vrai, si nous ne faisions de l’intimité avec Jésus qu’un refuge et non une source.
Ce serait vrai, si notre lien avec le Ressuscité n’était pas un lien d’amour.
Mais l’amour n’est jamais stérile. Il est vie et don de la vie. Il inspire à celui qui aime l’engagement d’être en harmonie avec l’être aimé.
Impossible d’être uni au Christ par la foi sans reprendre et prolonger son œuvre d’amour de manières toujours à renouveler !
Mais, me dîtes-vous, à quoi nous servent ces belles paroles si nous ne savons comment les mettre concrètement en pratique ?
Pour toute réponse, je laisse le Christ lui-même attirer avec autorité notre attention sur la venue de l »autre Consolateur”, sur la promesse de “l’Esprit de vérité qui demeurera éternellement avec nous”.
Cet Esprit, c’est Jésus lui-même qui – de peur sans doute que nous négligions de le faire – le demande à son Père et à notre Père pour nous. Dès lors, comment cette demande ne serait-elle pas exaucée ?
Oui, il nous est promis, il nous est donné, lui, le Paraclet, qu’à tout instant chacun de nous peut appeler au secours.
Il nous est promis et donné, lui, le Consolateur, qui, dans toutes nos détresses, a le pouvoir de “nous montrer les cieux ouverts et Dieu qui nous sourit” ( comme disait Luther).
Il nous est promis et donné, lui, le Défenseur, qui nous protège contre le doute, le découragement, l’abandon.
Il nous est promis et donné, lui, le Vivificateur, qui nous tire du chaos du péché et fait de nous des créatures nouvelles, capables d’actes nouveaux.
Il nous est promis et donné, lui, le Souffle divin qui fait vibrer notre intelligence, travailler notre imagination, détecter les occasions propices, faire au bon moment ce qui est à notre portée sans nous laisser nous égarer dans des rêves de démiurges.
Oui, il nous est promis et donné l’Esprit de vérité et de foi qui nous rend capables d’aimer ce que Jésus commande et d’espérer sans faiblir ce qu’il nous promet.
Mais au fait, n’est-ce pas lui, le Saint-Esprit, qui a discrètement inspiré la pensée traversant notre esprit et qui l’a transformé en cri de détresse… en cri, que dis-je ?
… en prière d’espérance… et même en ordre de mobilisation ?
“Dieu m’appelle et me demande de bouger”, qui d’autre peut nous inspirer cette nouvelle pensée sinon le Saint Esprit, béni pour l’éternité ?
Amen