Prédication du 27 février 2022

Vous avez raté le culte du 27 février dernier ? Retrouvez la prédication du Pasteur Olivier PUTZ ici !

Prédication réalisée d’après la lecture biblique : Luc, chapitre 6, versets 26 à 49.

Bien aimé frères et soeurs, très chers paroissiens,

Plutôt que prononcer de longs discours qui recourent à la raison ; Jésus raconte de courtes histoires. Ces petites histoire sont des paraboles. Jésus sait bien que les courtes histoires se retiennent bien mieux que des définitions qui s’oublient rapidement. Tout le monde se souvient de l’histoire de la poutre et de la paille ; de l’arbre qui se reconnait à ses fruits ou de la maison construite sur le roc. Ces petites histoires marquent nos esprits. Elles nous imprègnent. Et c’est progressivement que nous en dégageons le sens. Car toutes ces petites histoires nous disent quelque chose de Dieu.

Aussi, dans la transmission que nous accomplissons à l’égard de, nos enfants ou de nos petits-enfants, nous racontons ces paraboles. Et bien souvent, nous avons la joie de nous entendre demander « raconte-moi une autre histoire, aller encore une s’il te plaît ». N’oublions pas que l’art de raconter est un témoignage. Car en racontant ces petites histoires, nous proclamons le royaume de Dieu.

La forme littéraire de la parabole se prête bien à la transmission. Car ces petites histoires sont des paraboles. C’est plus facile de raconter une histoire que d’écrire un traité de théologie. Plus facile et plus efficace. Car à travers toutes ces petites histoires, la volonté de Dieu est distillée, transmisse, comprisse, admise.

Et c’est la première chose que nous devons retenir : la forme ne se dépareille pas du fond. Dans l’acte de transmission, il faut que la forme que nous utilisons corresponde au fond transmis. Le message de douceur et d’amour de Dieu prend l’oscillation mesurée de la parabole qui laisse à l’auditeur toute la place pour la recevoir.

Opter pour la forme dure de l’apprentissage obligatoire sous la contrainte est un contre-témoignage. La parabole, petite histoire qui pénètre gentiment les méandres de nos âmes, laisse toute liberté à celui qui l’écoute de l’apprivoiser et de la faire sienne.

Si vous souhaiter que votre auditeur retienne ce que vous souhaiter lui dire, raconter lui une histoire. Ce sera plus pédagogique que lui faire apprendre par coeur une définition. Et si c’est Jésus qui nous l’enseigne, c’est parce que la parabole emprunte toute la douceur du respect de celui qui l’écoute.

La forme est une chose qui doit correspondre au fond. Quel est le fond de l’enseignement de Jésus ? C’est la deuxième chose que nous désirons éclairer. Si nous devions ne retenir qu’un verset qui illustre tout l’enseignement de Jésus sur le royaume de Dieu, nous retiendrons celui-ci : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ». C’est la miséricorde qui est au coeur de l’enseignement de Jésus. C’est la miséricorde qui est au centre de la volonté divine. C’est la miséricorde qui doit être au coeur des relations humaines.

Notons tout d’abord que la miséricorde est un attribut de Dieu. Le Père est miséricordieux. Dieu se définit d’abord par sa capacité à prendre pitié de chacun de nous. Dieu n’est pas sévère mais doux et lent à la colère. Dieu compatit et prend parti pour notre humanité. Dieu se manifeste à nous par sa capacité à nous pardonner.

Déjà dans la première alliance, la miséricorde est un attribut divin. La Rahamin divine est cette grâce, fondée sur la confiance que Dieu fait en l’humanité. C’est au nom de cette confiance, que Dieu nous fait grâce. Il nous grâcie et nous pardonne. Détail troublant, le mot Raham en hébreu, sur lequel est fondé la miséricorde, signifie aussi l’utérus. Quel génie que cette pensée biblique ! Le pardon agit dans la relation comme l’utérus pour la procréation. Le pardon est une nouvelle naissance. Voilà pourquoi le coeur de l’enseignement de Dieu repose sur la miséricorde, le pardon, la grâce.

Tout cela serait très théorique, si l’enseignement de Jésus n’avait une portée pratique. Et c’est le troisième éclairage que nous souhaitons apporter. Tout l’enseignement de Jésus repose sur une relation. Relation du disciple à son maître, du croyant à son Dieu miséricordieux. Relation du disciple à lui même, dans une démarche d’honnêteté et de congruence, de cohérence. C’est l’histoire de la poutre et de la paille. Relation du disciple avec les autres personnes qui s’approchent de lui.

Dieu attend que nous vivions une relation basée sur la vérité et la franchise. La dissimulation et le mensonge doivent être bannies de nos relations. Ne devons-nous pas nous présenter devant Dieu tel que nous sommes ? Exposer à Dieu nos illusions, nos noirceurs, et les vanités de notre âme pour que sa miséricorde nous nettoie et nous purifie ? Comment agir si notre coeur n’est pas pur ? Comment être cohérent si nous sommes divisés intérieurement ? N’oublions pas la bonne nouvelle, à savoir que Dieu est avant tout miséricorde. Et que Son amour se répand abondamment ! Être à la fois pécheur et à la fois pardonné, tel est la condition de notre humanité chrétienne. Tels sont les bases de notre agir dans ce monde.

Pour résumer, la manière dont nous proclamons la Parole de Dieu est intimement lié à son contenu. Parce que Dieu est miséricorde et amour, notre manière d’en témoigner doit revêtir la douceur et le pardon. Ce pardon est une matrice qui transforme les hommes et le monde. Faut-il que chaque croyant se présente humblement devant son Seigneur et sache lui confesser tout ce qui est obstacle à l’amour divin et ouvrir son coeur à la miséricorde de Dieu ? Cette manière d’être devant Dieu « simul Justus, simul peccatore » disait Luther, est un chemin de cohérence avec soi-même. Il reconnait que bien que croyant, nous ne sommes pas meilleur que les autres, mais que nous attendons tout de Dieu : son amour et son pardon. Et que c’est à cette condition que nous sommes ses disciples.

Amen.

Pasteur Olivier PUTZ

Dimanche 27 février 2022, Rennes

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