Prédication: Dimanche 2 août 2026

Vos pensées ne sont pas mes pensées, mes chemins ne sont pas vos chemins. Prédication de Yannick CHIRON à partir du chapitre 55 du livre d'Ésaïe et du chapitre 8 de l'épître aux Romains.

Textes bilbiques

Livre d’Ésaïe, chapitre 55, versets 1 à 8: Dieu invite les siens à se nourrir de sa Parole

 

O vous tous qui êtes assoiffés, venez vers les eaux, même celui qui n’a pas d’argent, venez !  Demandez du grain, et mangez ; venez et buvez ! – sans argent, sans paiement – du vin et du lait. A quoi bon dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, votre labeur pour ce qui ne rassasie pas ? Ecoutez donc, écoutez-moi, et mangez ce qui est bon ; que vous trouviez votre jouissance dans des  mets savoureux : tendez l’oreille, venez vers moi, écoutez et vous vivrez. Je conclurai avec vous  une alliance perpétuelle, oui, je maintiendrai les bienfaits de David. Voici : j’avais fait de lui un témoin pour les clans, un chef et une autorité pour les populations. Voici : une nation que tu ne connais pas, tu l’appelleras, et une nation qui ne te connaît pas courra vers toi, du fait que le SEIGNEUR est ton  Dieu, oui, à cause du Saint d’Israël, qui t’a donné sa splendeur. Recherchez le SEIGNEUR puisqu’il  se laisse trouver, appelez-le, puisqu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et  l’homme malfaisant, ses pensées. Qu’il retourne vers le SEIGNEUR, qui lui manifestera sa tendresse,  vers notre Dieu, qui pardonne abondamment. C’est que vos pensées ne sont pas mes pensées et  mes chemins ne sont pas vos chemins – oracle du SEIGNEUR

 

Traduction oecuménique de la Bible

 

Épître aux Romains, chapitre 8, versets 31 à 39: Hymne à l’amour de Dieu

 

Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son  propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment, avec son Fils, ne nous donnerait-il pas tout ?  Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu justifie ! Qui condamnera ? Jésus Christ est mort, bien plus  il est ressuscité, lui qui est à la droite de Dieu et qui intercède pour nous ! Qui nous séparera de  l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le  glaive ? selon qu’il est écrit : A cause de toi nous sommes mis à mort tout le long du jour, nous  avons été considérés comme des bêtes de boucherie. Mais en tout cela, nous sommes plus que  vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort ni la vie, ni les anges ni  les Autorités, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des  profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en  Jésus Christ, notre Seigneur.

 

Traduction oecuménique de la Bible

Prédication

Ces deux passages du jour sont à contre-courant de nos réflexes, de nos fonctionnements habituels, de ce qui anime bien souvent nos esprits. 

  • Comment est-il possible de boire et manger gratuitement, sans rien payer. Et même mieux, il  ne s’agit pas ici de simple eau mais de lait et de vin, il ne s’agit pas ici du pain gratuit des  invendus de la veille, mais de mets riches et succulents ! 
  • Et peut-on réellement vivre sans être hanté par la culpabilité et l’esprit d’accusation ? En quoi  la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ont encore  quelque chose à voir avec la vie chrétienne en France en 2026 ? 

C’est que « vos pensées ne sont pas mes pensées, mes chemins ne sont pas vos chemins », dit le  SEIGNEUR

 

Alors que nous sommes dans des logiques humaines, matériels et comptables, Dieu révèle une  autre logique, celle de la grâce abondante, qui est généreuse et qui ne compte pas. Nous n’avons  pas à venir à Dieu avec notre argent, nos bonnes actions, nos talents, notre intelligence ou encore  notre réputation afin de gagner sa faveur ou de troquer avec lui ses bonnes grâces. Nous pouvons  venir à lui tels que nous sommes, avec notre pauvreté – matérielle, de cœur ou d’esprit –, en  transparence avec lui qui sait tout de nous – et donc avec nos actions belles ou laides –, avec nos  faiblesses et parfois nos talents gâchés, avec notre intelligence humaine limitée, bref tels que je suis  et non « tel que je veux me montrer » comme dans la chanson du

">Mal aimé de Claude François. 

C’est que nous ne sommes pas mal aimés de Dieu, nous sommes bien aimés de Dieu. Son amour  ne change pas selon ce que nous faisons ou ne faisons pas. C’est le premier point fondamental que  la Bible affirme, et que le Christ proclame dans son enseignement autant que dans sa vie donnée  pour nous. Nos pensées ne sont pas ses pensées, ses chemins ne sont pas nos chemins. 

 

Un deuxième point est que si Dieu nous appelle à venir à lui pour boire et manger gratuitement, sa  nourriture n’est pas celle que le monde propose. Il ne s’agit pas ici de prendre la plus belle part du  gâteau dans la société, en travaillant sans relâche afin d’apparaître plus beau et plus fort, puissant et admiré, et de neutraliser par nos propres forces les différents aléas ou tempêtes qui font partie de la  condition humaine. Alors, de quoi s’agit-il ? Dieu nous invite ici à l’écouter, ce qui est répété 4 fois  dans ces huit versets du livre d’Esaïe. Les professeurs connaissent bien le rôle de la répétition dans  le processus de l’apprentissage et de mémorisation. De même, Dieu nous invite à écouter sa parole  – lampe pour nos pas, lumière sur nos sentiers (Psaume 119, verset 105) – afin qu’il nous enseigne des leçons de  vie, des leçons de la vie en abondance partagée à laquelle il invite.

Cette vie de bénédiction reçue et  partagée nourrit notre âme et rassasie comme aucune autre nourriture humaine ne le pourrait. Ecou tons-le lors du culte, dans la prédication et la prière, écoutons-le aussi dans notre lecture personnelle de la Bible, un moment privilégié de rencontre et de cœur à cœur avec lui. Ecoutons-le, venons à lui  et vivons.

Nos pensées ne sont pas ses pensées, ses chemins ne sont pas nos chemins. 

 

Un troisième point est de partager la Bonne Nouvelle. « Voici : une nation que tu ne connais pas, tu  l’appelleras, et une nation qui ne te connaît pas courra vers toi, du fait que le SEIGNEUR est ton  Dieu. »

Au lieu de ne voir dans cette autre nation qu’un peuple idolâtre indigne et sans relation avec  son Créateur, Dieu demande de l’appeler et de faire rayonner pour elle la splendeur qu’il dépose en  nous. C’est que le Seigneur est proche de tout un chacun, comme le proclame l’apôtre Paul aux  Athéniens en Actes, chapitre 17, verset 27 : « c’était pour qu’ils cherchent Dieu ; peut-être pourraient-ils le découvrir  en tâtonnant, lui qui, en réalité, n’est pas loin de chacun de nous. »

De même, aujourd’hui, nous  sommes invités à appeler tout un chacun à entrer dans la vie nouvelle que Dieu donne. Dieu est  proche, il se laisse trouver par celui qui le cherche. Nous sommes invités à appeler tout un chacun,  pas seulement ceux que nous voyons d’un bon œil parce qu’ils nous ressemblent, parce qu’ils nous  sont sympathiques, parce qu’il nous émeuvent, parce qu’ils pensent ou votent comme nous.

Nous  sommes invités à appeler tout un chacun, même dit le texte « le méchant (pour qu’il) abandonne son  chemin, et l’homme malfaisant, ses pensées. (Pour) qu’il retourne vers le SEIGNEUR, qui lui  manifestera sa tendresse, vers notre Dieu, qui pardonne abondamment. » Notons le verbe, pour qu’il retourne vers le Seigneur. Ce méchant, cet homme malfaisant lui aussi vient du Seigneur, même s’il  s’en est écarté. C’est cela annoncer la Bonne Nouvelle pour tous, l’Evangile de la tendresse de Dieu  et de son pardon, l’Évangile de la grâce et de la vie qu’il donne gratuitement, l’Évangile de son  alliance éternelle. Nos pensées ne sont pas ses pensées, ses chemins ne sont pas nos chemins. 

 

Le second passage, au magnifique chapitre huit de l’épître aux Romains, est un hymne à l’amour de  Dieu.

Il précise un aspect de la réalité de la vie chrétienne, et vient équilibrer ce qu’une mauvaise  interprétation du premier passage pourrait communiquer. En effet, si en venant à Dieu, nous avons  son pardon et sa nourriture gratuitement, alors la vie chrétienne est-elle un long fleuve tranquille, une vie sans problème où tout nous sourit ? Jésus nous avertit en Jean, chapitre 15, versets 18 à 20 : « Si le monde vous  hait, sachez qu’il m’a haï le premier. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui  appartiendrait ; mais vous n’êtes pas du monde : c’est moi qui vous ai mis à part du monde et voilà  pourquoi le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : “Le serviteur n’est pas  plus grand que son maître” ; s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi ; s’ils ont  observé ma parole, ils observeront aussi la vôtre. »

Et Paul déclare quant à lui dans le deuxième livre de Timothée, chapitre 3, verset 2 :  « tous ceux qui veulent vivre avec piété dans le Christ Jésus seront persécutés. » Il apparaît donc  que d’une façon ou d’une autre, des formes de « détresse, d’angoisse, de persécution, de faim, de  dénuement, de danger et de glaive » font partie de la vie chrétienne.

Ce passage nous donne une  ferme assurance que ces épreuves ne sont pas le signe que Dieu nous a oubliés, qu’il s’est éloigné  de nous, ou qu’il nous punisse pour nos fautes. Jésus lui-même a expérimenté toutes ces choses, et  lors de sa crucifixion, il a même crié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné ? »

Jésus  a ainsi incarné toutes nos détresses dans une prière qui cite en fait le Psaume 22. La vie, et la vie  chrétienne, ne nous épargnera pas d’expérimenter détresse, abattement, déception, souffrance. Mais alors que nous pourrions être terrassés par le désespoir, alors que nous pourrions être assaillis par  la pensée que Dieu nous a abandonnés, Paul – expert en persécution s’il en est (Actes, chapitre 8,verset 1 et chapitre 9, versets 1 à 5,  deuxième épître aux Corinthiens, chapitre 11, versets 16 à 33) – nous livre ici un magnifique hymne à l’amour de Dieu.

 

Comment Dieu ne nous  donnerait-il pas tout, lui qui nous a donné son Fils ? Comment pourrait-il nous juger, alors que son  Fils Jésus est notre avocat et que tout est accompli à la croix pour la condamnation du péché et du  mal, et la réconciliation avec Dieu ? Avec Paul, répétons cette phrase pour qu’elle imprègne notre  esprit : « Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Autorités, ni le présent ni  l’avenir, ni les puissances, 39ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre  créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre  Seigneur. »

 

Amen.

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