PRÉDICATION : Dimanche 23 mars 2025

Le dimanche 23 mars, jour de notre assemblée générale, la Pasteure proposante missionnaire Claire OBERKAMPF nous a proposée une prédication plus courte que d'habitude mais non moins intéressante à partir du premier chapitre de l’Évangile selon Jean.

Lecture biblique : Évangile selon Jean, chapitre 1, versets 35 à 42

Le lendemain, Jean était de nouveau là, avec deux de ses disciples ; il regarda Jésus qui passait et dit : Voici l’agneau de Dieu. Les deux disciples entendirent ces paroles et suivirent Jésus. Jésus se retourna, vit qu’ils le suivaient et leur dit : Que cherchez-vous ? Ils lui dirent : Rabbi, ce qui se traduit : Maître, où demeures-tu ? Il leur dit : Venez et vous verrez. Ils vinrent et virent où il demeurait ; ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. C’était environ la dixième heure.

André, frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord son propre frère, Simon, et il lui dit : Nous avons trouvé le Messie, ce qui se traduit : le Christ. Il le conduisit vers Jésus. Jésus le regarda et dit : Toi, tu es Simon, fils de Jean ; eh bien, tu seras appelé Céphas, ce qui se traduit : Pierre.

 

Traduction : Nouvelle Bible Segond

écran d'un smartphone montrant diverses application installées sur le téléphone.

Prédication

Le 23 novembre dernier, lors d’une journée de ressourcement du Conseil Presbytéral, nous avions vécu une lecture priante commune autour de ce texte. Voici les quelques mots que nous avions retenus de ce passage d’Évangile : regard et écoute, simplicité, spontanéité, naturel, chaine de témoins, rencontre.

 

Nous sommes au début de l’Évangile selon Jean, dans le passage qui relate l’appel des premiers disciples, après l’épisode du baptême de Jésus dans le Jourdain. Et cet appel, avec nos yeux d’aujourd’hui a de quoi étonner. Tout semble si fluide, si évident. Un regard, une écoute ou une parole et ils le suivent.  Je me demande bien comment cela se passerait si Jésus revenait aujourd’hui en 2025, à l’heure des smartphones et de l’intelligence artificielle : Est-ce qu’il attirerait encore les foules, ou passerait-il complètement inaperçu, utiliserait-il les réseaux sociaux pour annoncer l’Évangile ou ferait il le choix de la décroissance, de la déconnexion en continuant simplement de marcher dans les rues à la rencontre du tout venant.

 

Il faut dire que de nos jours l’information est partout, plus ou moins pertinente et plus ou moins édifiante, et les réseaux sociaux sont conçus pour nous maintenir scotchés à l’écran. Oui, l’attention est devenu un produit qui se vend très très cher. On parle même de « guerre de l’attention ».  C’est une guerre totale : elle touche tout le monde, partout, dans tous les secteurs de l’existence (de l’éducation aux relations amoureuses, en passant par le travail), et toutes les classes sociales…

 

Les géants du Web en sont les « chefs de guerre ».  GoogleApple, MetaAmazon et Microsoft, idoles des temps moderne, enregistrent des centaines de milliards d’euros chaque année de profits et touchent donc beaucoup de victimes…

 

N’y a t’il pas là un des défis majeur pour notre Église dont la vocation première est d’annoncer l’Évangile à nos contemporains ?

 

Nous qui marchons à la suite du Christ, revenons aux écritures. Je constate qu’ à chaque personne que Jésus rencontre, il offre toute son attention.

 

Tous les Évangiles, à l’instar de ce passage, témoignent d’un Jésus particulièrement attentif à celles et ceux qui croisent son chemin. Il regarde au cœur, il écoute, il se rend pleinement disponible à l’humain qu’il rencontre. Et je crois que cela doit nous interpeler en tant que chrétiens et en tant qu’Église.

 

Dans nos activités tant personnelles que communautaire en effet, un des écueils majeurs à éviter, ne serait-il pas d’être sans cesse dans l’action, dans la planification, dans la stratégie au risque de passer à côté de ce qui est vraiment essentiel à vivre ? Agir, accélérer toujours plus en épousant la course du monde en oubliant la Grâce, la grâce d’une rencontre non prévue et qui prend de temps, qui déborde, la Grâce d’une parole, qui vient toucher le cœur pile au bon endroit ? Vous savez, ce moment suspendu où la présence du Seigneur se dévoile entre deux êtres qui se reconnaissent frères et sœurs ?

 

Comment favoriser des temps de rencontres véritables ? Comment faire entendre sa voix distinctement malgré le flot d’informations continu qui submerge notre quotidien ? Comment donner plus de place à Sa présence en nous individuellement et au milieu de nous collectivement ?

 

Le Seigneur nous le promet, si nous prenons le temps de vivre en sa compagnie, si nous portons notre attention à lui et à l’autre avant tout, il fera toute chose nouvelle.

 

Puissions-nous participer à la venue de son Royaume, une Église et un monde où nous prêtons véritablement attention les uns des autres, une attention qui soit le reflet de Son amour infini.

 

Amen.

 

Pasteure Claire OBERKAMPF

Rennes, dimanche 23 mars 2025

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