Dans le souffle de la Pentecôte : Culte des Nations à Rennes

« Seigneur, nous arrivons des quatre coins de l’horizon… » déclare un chant connu de notre répertoire paroissial. Et c’est bien vrai, ici à Rennes .

Crédit: ArtsyBeeKids/ Pixabay

Dimanche 31 mai 2026

« Seigneur, nous arrivons des quatre coins de l’horizon… » déclare un

" target="_blank" rel="noopener">chant connu de notre répertoire paroissial. Et c’est bien vrai, ici à Rennes comme dans bien d’autres lieux où des chrétiens se réunissent à l’écoute de la Parole de Dieu, pour prier et chanter et, portés par le souffle de la Pentecôte, aller témoigner de la bonne nouvelle dans le monde où nous vivons… et qui en a bien besoin.

« Je ferai de toi une grande nation » déclare Dieu au futur Abraham. 

 

Personnellement, mes grands-parents maternels sont nés allemands. Mes arrières grands-parents paternels étaient suisses. Mes arrières arrière-grands-parents paternels, allemands.
Aujourd’hui, au temple de Rennes, les sœurs et frères qui sont autour de moi ont des origines de multiples lieux d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, d’Amérique et d’Europe… Il y a même des bretons.
N’en déplaise à certains courants politiques, cette diversité est une richesse.

 

Une semaine après la Pentecôte, fêtons ensemble à Rennes notre diversité !
Cette déclaration de Dieu au futur Abraham est aussi pour nous :

 

« Je ferai de toi une grande nation »

 

Mais, pour faire tomber toute ambiguïté, comprenons bien cette expression !

Les lecteurs de la Bible le savent bien : de nation(s), il est souvent question dans le texte biblique. La nation, selon le dictionnaire Le Robert, est un “groupe humain assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun”. En français, cependant, le mot possède une forte connotation historique, indissociable de la Révolution française et de l’expérience républicaine.  Et la Bible dans tout cela ?

Dans l’Ancien Testament, le mot “nation” traduit généralement l’hébreu goy. Contrairement à son acception actuelle, ce terme n’a rien de péjoratif pour les rédacteurs du texte biblique, indique l’historien et bibliste Michael Langlois. On l’utilise le plus souvent par opposition à un autre mot hébreu, « am », que l’on traduit plutôt en français par “peuple”.
‘am/peuple évoque davantage le côté filial, l’idée d’ancêtres communs, de liens biologiques entre des personnes.
Goy/nation possède à l’inverse une connotation politique, on l’emploie pour désigner un groupe d’individus qui forment un ensemble cohérent, un groupe qui vit une destinée commune, sans nécessairement avoir des liens de sang. Notons, en guise de nuance, que les choses ne sont pas tout à fait aussi schématiques, et il est parfois difficile de distinguer aussi clairement ces deux sens.”

 

On retrouve notamment la mention du mot “nation” dans l’un des passages les plus célèbres de l’Ancien Testament. En Genèse, chapitre  12, verset 2, Dieu déclare ainsi à Abram, le futur Abraham : “Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction.”

 

Plus loin, dans le livre de l’Exode, chapitre 19, verset 6, Dieu dit à Moïse : “Quant à vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte.” Cette même expression de “nation sainte” est reprise dans le Nouveau Testament, dans l’épître de Pierre. De quoi est-il question ?
Moïse est celui qui va donner une loi au peuple hébreu présentée comme un projet de Dieu et qui, en définissant une organisation sociale et politique, vise à faire d’Israël (Israël dans la sens biblique !) une nation porteuse d’un projet commun, décrypte Michael Langlois. Israël, béni par Yahvé, doit devenir un témoin pour l’humanité entière. Mais pour que cela advienne, pour qu’il soit visible aux yeux du monde, il faut que le peuple d’Abraham forme une entité politique, géographique, religieuse, bref, une nation.”

 

Cette notion de “nation sainte” est l’aboutissement de la promesse faite à Abraham en Genèse 12, estime Michael Langlois. Abraham n’est pas élu par Dieu pour séparer son peuple du reste de l’humanité, mais son élection vise au contraire à l’universalité. En Genèse, chapitre 15, verset 5, Dieu dit ainsi à Abraham : “Contemple le ciel, je te prie, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Il lui dit : Ainsi sera ta descendance.” À travers cette image de grande quantité, de multitude, on comprend que la postérité d’Abraham, ce nouveau peuple qui va naître, va être un instrument de bénédiction pour toute l’humanité.”

 

En reprenant l’expression “nation sainte”, l’épître de Pierre (Première épître de Pierre, chapitre 2, verset 9) poursuit dans cette voie. “Bien que n’étant pas descendants physiques d’Abraham, les chrétiens le deviennent sur le plan symbolique, précise Michael Langlois. Paul ne dit pas autre chose quand il parle de ceux qui ont été choisis par Dieu “selon la foi” : s’ils ne sont pas les héritiers d’Abraham par le sang, les chrétiens le deviennent par la foi. Ils portent donc en eux la promesse d’être membres de cette nation dont la vocation est d’être une lumière pour les autres nations.”

 

Une semaine après la Pentecôte et dans son souffle, nous vous invitons lors du culte du 31 mai à témoigner de notre diversité rassemblée.


Ce sera l’occasion de marquer notre unité mais aussi de prier pour nos familles et nos proches si éloignés par la distance, si proches dans nos cœurs.
Pour cela, nous vous invitons à me faire part de textes liturgiques et de prière, de chants issus de vos cultures d’origines,
Nous aurons besoin de lecteurs en différentes langues.
Des « douceurs culinaires » pour après le culte seront appréciées de tous.
N’hésitez pas à venir avec des habits traditionnels !
N’hésitez pas à me faire d’autres et nouvelles suggestions.

Réunion de préparation

Pour celles et ceux qui le souhaitent et le peuvent, je vous propose une réunion de préparation :

  • mercredi 20 mai de 18h15 à 20h.

 

Pasteur Hervé Stücker:

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Chanson du poète belge Julos Beaucarne

Ton Christ Est Juif
Ta voiture est japonaise
Ton couscous est algérien
Ta démocratie est grecque
Ton café est brésilien
Ton chianti est italien

Et tu reproches à ton voisin d’être un étranger


Ta montre est suisse
Ta chemise est indienne
Ta radio est coréenne
Tes vacances sont tunisiennes
Tes chiffres sont arabes
Ton écriture est latine

Et tu reproches à ton voisin d’être un étranger


Tes figues sont turques
Tes bananes viennent du Cameroun
Ton saumon vient de Norvège
Ton Tchantchès vient de Liège
Uilenspiegel vient de Damme
Du Zaïre vient ton tam-tam

Et tu reproches à ton voisin d’être un étranger


Tes citrons viennent du Maroc
Tes litchis de Madagascar
Tes piments du Sénégal
Tes mangues viennent du Bangui
Tes noix d’coco d’Côte d’Ivoire 

Tes ananas d’Californie

Et tu reproches à ton voisin d’être un étranger


Ta vodka vient de Russie
Ta bière de Rhénanie
Tes oranges d’Australie
Tes dattes de Tunisie
Ton Gulf-Stream vient des Antilles
Tes pommes de Poméranie

Et tu reproches à ton voisin d’être un étranger

 

Ton djembe vient de Douala
Ton gingembre vient d’Ouganda
Ton boubou vient d’Tombouctou 

Tes avocats du Nigéria
Tes asperges viennent du Chili
Ton ginseng vient d’chez Li Peng

Et tu reproches à ton voisin d’être un étranger

 Cet article reprend un autre article de Louis Fraysse publié par le journal Réforme.

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