« Engagement(s) et liberté » sur les pas d’une retraite à Avranches

Le week-end du 19 septembre, une quinzaine de paroissiens se sont réunis au pavillon Élie de la communauté du Chemin Neuf à Avranches. Klervi témoigne.

©Claire OBERKAMPF

C’est un lieu connu des membres de l’équipe Mamré, qui s’y sont rendus pour la troisième fois. Cette année, ce temps de retraite spirituelle était ouvert plus largement aux paroissiens qui le souhaitaient pour un week-end rythmé par la prière, le repos, les balades et les moments conviviaux ensemble et avec la paroisse de Granville-Saint-Lô.

 

Notre arrivée échelonnée s’est faite dès le vendredi soir pour la plupart. Chacun sa chambre, mais un repas tiré des sacs qui nous a fait nous découvrir un peu plus les uns les autres. Il y a des paroissiennes et paroissiens de tout âge, présents de longue date ou récemment à l’église. C’est un temps hors du temps pour découvrir ou redécouvrir des sœurs et frères en Christ. D’ailleurs, l’aventure commence dès Rennes grâce au covoiturage !

 

Après un bon repas, nous commençons un temps spirituel très touchant, avec une « prière électrique », méthode qui vise à se donner la main et transmettre la parole à son voisin, et des chants grâce à un carnet dédié au week-end. Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous nous réunissons à la chapelle. La pasteure Claire introduit des chants et le texte avec lequel nous cheminerons lors de la balade : la traversée des Hébreux, « Exode chapitre 14 ». Un texte connu mais relu d’une nouvelle manière à la lumière du thème « Engagement(s) et liberté ». Nous nous dirigeons vers l’aérodrome d’Avranches dans la matinée pour une balade à deux, à quatre ou seul pour digérer ce texte. Nous avons des questions pour nous aider à cheminer spirituellement.

Vue sur le Mont Saint Michel pendant notre balade spirituelle

Dans la tradition juive, l’Égypte (Mitzraïm) représente l’étroitesse (la racine hébraïque signifie « étroit », « oppressé »). Quelles sont mes « Égyptes » actuelles ? (ex : une habitude, une relation toxique, une peur, un doute, une obligation sociale qui m’étouffe…) Qu’est-ce qui, dans ma vie, me retient en esclavage ? Ou une autre question : dans ma vie spirituelle, est-ce que j’attends un « signe » pour agir, ou est-ce que je fais le premier pas (prière, engagement, pardon…) pour que Dieu agisse ? En effet, la mer ne s’est divisée que quand les Hébreux ont osé avancer.

 

Pour ma part, ce texte m’a permis de relire mon rapport aux réseaux sociaux, trop présents, et à un temps d’écran quotidien totalement délirant. De quoi suis-je esclave aujourd’hui ? Quels sont les efforts à faire pour être libre ? À l’image des Hébreux, qui ont traversé la mer. C’est un synonyme de danger, de mort, un endroit peu agréable, mais c’est pourtant le prix pour se libérer de l’esclavage. À quoi suis-je prête pour baisser mon temps d’écran ? Ce n’est pas confortable. Mon « doudou numérique » me rassure, mais m’accapare beaucoup d’attention que mes enfants méritent amplement. Alors, il faut marcher, à petits pas, sans reculer. En se questionnant, mais il faut avancer pour être libre. Le samedi midi, nous sommes réunis autour d’un pique-nique avec vue sur le Mont-Saint-Michel. Après un temps calme, de sieste, de lecture ou un tour de braderie à Avranches, nous nous sommes retrouvés après le goûter pour un temps de travail commun sur le même thème :  Pourquoi observons-nous un manque d’engagement dans notre église ? Comment motiver les personnes à s’engager tout en respectant leur liberté ?

Temple de Granville

 

Vous le comprendrez vite, une retraite, c’est du temps ensemble, du temps pour soi et des repas ! Chacun s’attelle à sa tâche avec une belle harmonie. La soirée s’est poursuivie avec une soirée des talents. Un moment très joyeux pour découvrir nos sœurs et frères très différemment. Des poèmes, de la danse, un conte, des aquarelles et des diapositives, un cocktail pour passer une belle nuit ! Le lendemain, nous avons co-animé le culte à Granville, membres de la communauté de Granville-Saint-Lô. Un « petit » temple si on compare à Rennes, mais une communauté très chaleureuse. Nous remercions Thierry, le président du conseil presbytéral, et Denis Prizé grâce à qui le culte a pu avoir lieu. Denis a été président du conseil presbytéral longtemps à Granville et est encore prédicateur laïc. Là-bas aussi, nous avons partagé un apéritif et nous avons traversé les jardins Christian Dior pour déjeuner sur une des terrasses face à la mer et faire un plongeon pour certains. Les participants sont rentrés ensuite à Avranches pour terminer le ménage et faire le bilan de ce week-end.

 

Quant à moi, je suis restée à Granville car j’ai été rejointe par mon mari et mes enfants. C’est cela aussi, le chemin de la liberté !

Quelques photos du week-end

Préparation du repas

Démonstration de danse lors de la soirée des talents

Culte à Granville

Contact